Concert d’Abdoulaye Nderguet & le Bex’Tet à N’Djamena :
Il était dit que ce serait la fête, ce fut un feu d’artifice et de joie.

N’Djamena en point d’orgue de la tournée 2021

Abdoulaye Nderguet & le Bex’Tet – N’Djamena, le 7 déc. 2021

Après trois mois de tournée internationale, il était dit que le passage d’Abdoulaye Nderguet & le Bex’Tet par N’Djamena serait un grand moment de retrouvailles avec le public tchadien. Un public fidèle qui, jour après jour, avait soutenu sur la toile ce périple culturel qui fait la fierté de tous ses compatriotes. Il faut rappeler que la tournée avait démarré en fanfare en France par le concert au SUNSET du 3 septembre dans ce temple du jazz parisien où les grands musiciens américains comme Miles Davis et Herbie Hancock ont, avant lui, laissé leur empreinte. C’est ainsi que la culture tchadienne, tantôt traditionnelle tantôt enflammée par le jazz sublime et imprévisible du Bex’Tet, a fait irruption à Paris.

S’en sont suivis d’autres rencontres sur de non moins prestigieuses scènes parisiennes comme la Fête de l’Humanité, France Musique, le Casino de Paris et le Triton. Ensuite, la tournée a pris son envol vers le continent africain à la recherche de l’âme du Blues. Des rencontres magnifiques ont jalonné ce voyage musical avec des artistes invités animés d’une ferveur authentique qui démontre que la musique est le trait d’union universel de toutes les cultures et de tous les peuples : Charl Ozzo à Lomé, Alif Naaba à Ouagadougou, Sira Condé et Diama N’Diaye à Conakry, Check Tidiane Seck à Bamako, Huguette Tolinga à Kinshasa, Gloire Mokeni à Kinsangani, Tanny et Odete Cassilva à Luanda…

Le public au rendez-vous malgré un changement de dernière minute

Plan de vol oblige, le concert à N’Djamena initialement prévu le vendredi 4 décembre fut annoncé pour le 7 en toute dernière minute. Un mardi, date inhabituelle en pleine semaine. Qu’à ne cela ne tienne, l’IFT, organisateur de l’événement, dut se mobiliser avec Quentin Tréhet, régisseur de la tournée. Objectif : se reconfigurer dans de bonnes conditions sanitaires. Un écran géant et un système de son furent installés dans les jardins pour parer à la très probable forte affluence du public.

 

Le public fut bien au rendez-vous, très nombreux, dedans et dehors. Tous étaient impatients de retrouver leur rossignol, leur baobab, leur ami, leur artiste… pour le célébrer, ensemble.

Dès les premières notes a capella, ce furent les cris et les applaudissements qui fulminèrent. La joie était au rendez-vous, véritable feu d’artifice au son d’un Djerma Djerma et de chansons traditionnelles tchadiennes. Puis le son du Blues s’installa, majestueux et puissant. Un blues aux couleurs du Sahel avec Amdagor. Puis un blues américain – chanté en tchadien – avec Sometimes I Feel Like a Motherless Child. C’est alors que la majesté des chants de deuil de Sahr percuta une fugue qui aurait pu être attribuée à Jean Sébastien Bach. Un point d’orgue saisissant, moment magnifique et intemporel dans cette rencontre improbable entre la culture du pays et celle du vieux continent.

Vint ensuite «  On croit déjà », un titre du futur album dans la pure tradition des chansons françaises sur un texte de Gil Bertal. Pour ceux qui ne le savaient pas déjà, Abdoulaye démontre qu’il est également un sublime chanteur francophone.

Une fin en apothéose au son de Lalé lalé barka landé, « nous sommes venus en paix »

N’Djamena le 7 déc. 2021, improvisation flûte traditionnelle shila et orgue Hammond

Il invitera ensuite le groupe traditionnel Shila à le rejoindre sur scène. Après exposition du thème, la transe enivrante du Shila prend son envol avec l’orgue incarné d’Emmanuel Bex, la guitare enivrante d’Antonin Fresson et le rythme endiablé de Tristan Bex. Le public exulte. Viennent ensuite les danseurs contemporains Hip hop du chorégraphe Taïgué sur un morceau d’Abdoulaye et d’Afrotronix arrangé par le Bex’Tet.

La fête est à son comble. Le spectacle se finira en apothéose en chœur avec toute la salle au son de Lingui. « Lalé lalé barka landé », littéralement pour conclure : « nous sommes venus en paix ».

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